Bonjour

Un peu plus de 7 mois après mes débuts, me voilà de retour pour plusieurs articles pour les auteurs qui débutent et cherchent à se lancer. Le premier sujet sera le suivant :

Auto édition ou Maison d’édition ?

J’ai exposé dans un premier article les raisons qui m’ont poussée à l’indépendance.

Je reviens aujourd’hui avec un tout petit peu plus de recul, et sache qu’à mon sens, il n’y a pas de bon ou de mauvais choix. Tout va dépendre de TOI. Tes aspirations, tes compétences, ton temps, tes besoins financiers et ta capacité d’autofinancement. Je vais résumer au maximum sous forme d’avantages/inconvénients. Et comme le sujet est vaste, ne perdons pas de temps. C’est parti !

1. Tes aspirations

Que cherches-tu ? Une première expérience ? Être lu(e) ? Obtenir des conseils professionnels pour progresser ? Vivre de ta plume ou simplement publier de façon occasionnelle pour le plaisir ?

Tant de questions anodines, et qui pourtant, détermineront déjà vers quel choix te tourner. Car si tu cherches des conseils professionnels et un accompagnement pour une première expérience, sache qu’en auto, tu es seul(e) à bord et tu diriges tout.

En maison d’édition à compte d’éditeur, tu auras un suivi éditorial. Tu passeras entre les mains de ton éditrice/eur, qui pourra te conseiller au besoin, dans la modification de ton manuscrit, voire dans la création d’un nouveau roman par la suite. Puis un(e) correcteur/trice prendra le relais et ton manuscrit sera corrigé, que ce soit en termes de grammaire, syntaxe, orthographe, conjugaison, cohérence et ponctuation. Une maison d’édition sérieuse sera donc à tes côtés pour t’épauler jusqu’au manuscrit fini. Une fois de nombreuses (et atroces) corrections et navettes effectuées, tu obtiendras un roman achevé et tu laisseras la main pour la suite. Plus qu’à patienter et te ronger les ongles jusqu’à la sortie. Tu pourras éventuellement donner ton avis sur la couverture (mais sache que l’éditeur a toujours raison), et tu ne seras pas décisionnaire de la date de parution qui dépendra du calendrier de sorties de la ME.

Le gros avantage en ME : tu seras accompagné(e) et ne géreras « que » l’écriture et le remaniement après les corrections.

L’inconvénient en ME: tu laisses la main pour le choix de la couverture, et tu ne seras pas le ou la décisionnaire final. Si l’éditeur veut supprimer un passage auquel tu tiens, tu devras négocier et tu n’auras pas forcément le dernier mot.

En auto : tu pourras tout décider jusqu’au point final pour ton manuscrit, mais tu ne bénéficieras pas de conseils ni suivi.

2. Tes compétences

On en vient au 2ème point : tes compétences. Étroitement lié aux suivants : ton temps, tes besoins financiers et tes capacités d’autofinancement. En ME, tu ne touches plus à rien. En auto… tout reste à faire.

Parce qu’une fois le manuscrit fini, avant de le publier et d’en faire un roman, il y a encore beaucoup d’étapes. Si tu es en auto, la correction est primordiale pour être crédible, car un roman truffé de fautes sera pointé du doigt et tu ne pourras pas effacer les commentaires négatifs même si tu te décides à le recorriger par la suite. Alors autant faire au mieux tout de suite. Sache que même si tu es bon(ne) en orthographe, à force d’avoir le nez dans ton manuscrit, tu ne pourras pas tout voir. À mon sens, au minimum, investir dans un logiciel (Antidote ou le Robert à ~100 euros) est essentiel, à défaut de payer un correcteur.

Autre compétence nécessaire en auto : réaliser la couverture ou la commander à un(e) graphiste. Tu ne peux pas négliger cet aspect en auto. Ce sera ta pub numéro 1, le moyen de te démarquer dans la jungle des sorties littéraires. Il faudra aussi penser à l’image, payer une photo ou trouver une image libre de droit. Pour ma part, j’ai réalisé les couvertures de Never Break et dessiné celles de Moonlight Shadows, puis fait appel à une graphiste pour les dernières typographies de MS. Tout le monde ne peut pas dessiner ses couvertures, ça signifie donc devoir payer si tu en auto et que tu veux quelque chose de pro.

Après, il faudra mettre en page ton manuscrit. À la fois pour le format numérique et papier. Ça demande du temps aussi, et tu t’en charges seul(e) également en auto.

Enfin, une fois couverture et mise en page achevées, vient la partie marketing qui fait souvent peur aux auteurs : la promotion de ton livre. En auto, à moins de faire appel à un prestataire, tu t’en charges seul(e), et tu ne bénéficies pas du savoir faire ou du lectorat d’une maison d’édition. Cependant, être en ME ne t’assure pas une aide pour la promotion, tout dépend des contrats et des ME. Mais une ME attirera des lecteurs sur ton livre même si tu n’es pas connu(e), et t’assure donc plus de ventes, normalement. Mais pas forcément plus de revenus…

En ME : tu ne t’occupes plus de rien, hormis la promotion. Tu auras plus de visibilité, surtout si tu es nouveau/nouvelle dans le domaine.

En auto : ça peut être vu comme un avantage ou un inconvénient, mais tu gères tout de A à Z, et tu dois trouver au besoin des prestataires (correcteur, graphiste, chargé de com). Ça signifie donc avoir les compétences ou l’envie d’apprendre, mais surtout du temps pour le faire !

3. Ton temps

Quand on démarre, on est empli(e) de motivation et de bonne volonté.

Mais l’écriture est chronophage et énergivore (si, si). Tout le reste en auto édition, d’autant plus. Si tu as un job qui prend déjà beaucoup de place, tu risques vite d’être épuisé(e) par le rythme à tenir entre ton temps passé pour les livres, ton éventuelle vie de famille et ton travail. Écrire avec un mi temps en étant célibataire n’aura pas le même impact qu’en étant en couple, avec des enfants et en travaillant 44h semaine. Ça coule peut-être de source écrit comme ça, mais ce précieux temps est important pour faire son choix, selon moi.

Couplé à tes motivations de départ, c’est lui qui aidera grandement ta décision. Car si tu veux vivre de ta plume, ça te demandera beaucoup d’investissement personnel en auto, et un minimum de sorties annuelles, que ce soit en ME ou en auto. Pas de magie, plus le catalogue est fourni, plus les revenus augmentent. Et pour avoir un catalogue fourni… il faut écrire.

En ME, tu gagnes donc beaucoup de temps par rapport à l’auto édition. Cependant, tu auras une deadline à tenir, et tu mettras sans doute plus longtemps à pouvoir vivre de tes livres car forcément, il faudra payer la ME et tous ses prestataires.

En auto, tu devras passer beaucoup de temps à chaque étape de ton livre, payer également des prestataires là où tes compétences ne suffiront pas, mais tu récolteras plus rapidement le fruit de ton travail en termes de revenus.

4. Ton besoin financier

On en vient aux finances. Si tu souhaites vivre de ta plume, nous avons tous des besoins financiers différents. Certaines ont un mari qui finance beaucoup de choses et peuvent écrire pour le plaisir pur, d’autres auront besoin de 600 euros pour vivre, et d’autres encore gagnent un salaire de cadre et pourraient difficilement baisser leurs revenus (prêt à rembourser, enfants en étude etc). D’autres écriront uniquement pour le plaisir et ne se soucieront pas des revenus perçus, qui seront comme un plus, mais pas déterminant dans leur cadre de vie.

Si tu as pour objectif de vivre de ta plume, soyons honnête, si tu réussis à percer, l’auto édition est le moyen le plus sûr et le plus rapide pour y parvenir. Ce ne sera pas de tout repos, mais le jeu en vaut la chandelle si tu parviens à percer. Je ferai un rapide billet de retour personnel là dessus.

En maison d’édition, sache que les droit d’auteur sont reversés, en fonction des maisons d’édition, annuellement, tous les semestres ou tous les trimestres. Et quand je dis tous les trimestres, il arrive qu’il y ait du retard dans le paiement et un sacré décalage.

En auto édition, il y a souvent un décalage les deux premiers mois, mais les revenus seront ensuite mensuels. Sur Amazon, par exemple, dès que tu dépasses les 100 euros de royalties, tu es payé chaque mois, avec un décalage de 2 mois. Je m’explique : j’ai débuté le 15 novembre 2020. J’ai perçu mes premiers versements le 30 janvier, et depuis, j’ai un versement chaque mois qui concerne mon M-2. Le 30 juin, j’ai perçu les royalties du mois d’avril.

Mais la plus grosse différence entre ME et auto, c’est le taux de redevances, forcément.

En ME, en numérique, tu touches entre 15 et 20% du montant HT de ton Ebook. En papier, tu démarres souvent à 8% de droits d’auteurs (DA). Pour un Ebook de 4,99 TTC, ça revient à 71 cents à 15%, ou 94 cents à 20%…

En auto, je vais te parler d’Amazon que je connais, tu es à 70% sur le numérique, et 60% sur le papier. Ça fait donc 3,30 euros par Ebook à 4,99 TTC. Ça fait rêver ? Attention, il faut se dire que la ME apporte de la visibilité et donc, plus de ventes. Sans certitude, il semblerait qu’une moyenne en numérique, dans la romance, soit de 2000 Ebook vendus par livre. Si tu l’atteints en auto, pour 2000 Ebooks à 3,99 TTC, tu percevras 4354 euros (il faudra payer des charges dessus, mais ce sera aussi le sujet d’un autre billet) contre 1484 euros en ME (sur lesquels tu paieras aussi des charges).

On est d’accord que dans un cas comme dans un autre, ce n’est pas ça qui fera vivre un ménage sur une année, mais sache qu’il y a bien d’autres moyens de gagner sa vie en auto édition (dédicaces, format papier… et redevance Amazon si tu t’inscris à KDP select, mais je l’aborderai plus en détail dans mon retour perso).

Comme tu peux le constater, il parait complexe de vivre de sa plume en maison d’édition, a moins d’être best seller (et encore, 10 000 x 71 cents, ça ne fait « que » 7100 euros, et ça ne te fera pas vivre non plus sur une année). Pourtant, je te rassure, quelques auteurs français y parviennent. Mais sache que la plupart ont déjà un catalogue de plus de 20 livres à leur actif…

Alors tu l’auras compris, si tu souhaites vivre d’écriture et d’eau fraîche, ou simplement réaliser le rêve d’être publié(e), le choix ne sera pas du tout le même.

5. Ta capacité d’autofinancement

Démarrer en maison d’édition classique ( à compte d’éditeur) ne doit RIEN te coûter. Les maisons d’édition à compte d’auteur sont celles où tu obtiendras plus facilement une réponse positive à ton manuscrit, car forcément, c’est TOI qui financeras tout. Donc non seulement, tu paies pour tout comme en auto, mais en plus, tu leur cèdes tes droits d’auteur… à toi de voir, mais je n’encourage personne dans cette voie. Tous les comparatifs que je fais dans ce post concernent des maisons d’éditions à COMPTE D’ÉDITEUR.

En auto, comme tu as pu le voir, il y a encore beaucoup d’étapes au cours desquelles tu devras éventuellement mettre la main à la bourse (du porte monnaie). Parmi les frais les plus courants :

– La couverture (entre 150 à 500€ par un graphiste).

– La correction (au plus bas, 1 à 4€ les 250 mots par un correcteur). Antidote 110€ TTC en achat définitif. Le Robert correcteur 99€ TTC

– la demande d’ISBN pour produire un broché (30€) + les frais de port d’un envoi courrier à la BNF pour le dépôt légal.

– un stock d’exemplaires auteurs pour des envois dédicacés à financer par toi même

– Un(e) éventuel(le) chargé(e) de com (moins courant).

En maison d’édition, tu ne paies donc rien pour débuter, alors qu’en auto édition, il te faudra un léger investissement de départ.

En conclusion

Comme tu peux le constater, il n’y a pas de bons ou mauvais choix. Tout dépend uniquement de TOI et de ce que tu recherches. Néanmoins, si tu souhaites toi aussi te lancer en auto édition dans l’espoir de vivre de ta plume comme c’était mon cas, avec le peu de recul que j’en ai, ceux qui y parviennent sont ceux qui prennent l’auto édition comme une entreprise. Il y aura de la communication, des outils marketing à manier, il faudra être polyvalent, gérer de l’administratif et être partout à la fois. Ça demande du temps, de la motivation, et la volonté de gérer l’après. Pas uniquement l’écriture, mais tout ce qui gravite ensuite autour de la réalisation d’un roman.

La bonne nouvelle ? Je te confirme que vivre de sa plume en auto édition est possible. Ce sera l’objet de mon prochain billet, car oui, à 7 mois de mon lancement, je suis officiellement capable de vivre de mes livres.

Je te raconte tout ça prochainement, et j’échangerai volontiers avec toi si tu as des questions sur ce premier article qui, je l’espère, t’aidera dans tes réflexions.

Amitiés.

Charm L.C

Un commentaire

  1. Coucou Charm,
    Ton article nous apprend tout ce qu’on souhaite savoir. Nous sommes nombreux à nous interroger sur : ME ou AE ? Comme tu le dis si bien c’est un choix qui dépend de ce que désire réellement chaque personne.
    Merci pour toutes ces informations. C’est top!
    Amitiés,
    Jessie

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